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Thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) : faire de la place plutôt que lutter

22 juillet 2026 3 min de lecture

Beaucoup d'approches cherchent à réduire les pensées et émotions difficiles. La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) prend un chemin différent : plutôt que de lutter contre ce qui fait mal, elle apprend à lui faire de la place — pour libérer de l'énergie vers ce qui compte vraiment pour la personne.

Le principe : la lutte aggrave souvent le problème

Vouloir supprimer une pensée anxieuse, c'est souvent la renforcer. L'ACT part de ce constat clinique : l'évitement expérientiel — tout ce qu'on met en place pour ne pas ressentir — finit par rétrécir la vie. Le travail ne vise donc pas à faire disparaître l'inconfort, mais à changer la relation que la personne entretient avec lui.

Point clé

L'objectif de l'ACT n'est pas de se sentir mieux, mais de mieux vivre — d'agir en accord avec ses valeurs même en présence de pensées et d'émotions inconfortables.

Les six processus de la flexibilité psychologique

L'ACT vise la flexibilité psychologique, articulée autour de six processus interdépendants (souvent représentés par l'« hexaflex »).

Acceptation

Accueillir les expériences internes sans chercher à les modifier ou à les fuir.

Défusion cognitive

Prendre du recul par rapport à ses pensées : les observer comme des événements mentaux, non comme des vérités à suivre.

Contact avec le moment présent

Revenir, encore et encore, à l'expérience directe de l'instant plutôt qu'aux ruminations.

Le soi comme observateur

Distinguer la personne de ses pensées : « je remarque que je pense que… » plutôt que « je suis nul ».

Les valeurs

Clarifier ce qui donne du sens et de la direction — le cœur du modèle.

L'action engagée

Poser des actes concrets, alignés sur ces valeurs, même en présence d'inconfort.

Un exemple de défusion

Karim, 38 ans

De toute façon je suis quelqu'un d'anxieux, je rate toujours ce genre de rendez-vous.

Le praticien

Quand vous dites « je suis quelqu'un d'anxieux », est-ce que c'est un fait, ou une pensée qui passe ? Et si on essayait de dire plutôt « je remarque que mon esprit me dit que je vais rater » ?

Karim, 38 ans

Dit comme ça… c'est déjà moins collé à moi. C'est juste une phrase qui revient.

Cette petite bascule — d'une identité (« je suis ») à une observation (« je remarque que mon esprit dit ») — est au cœur de la défusion. Elle crée l'espace nécessaire pour choisir une action plutôt que de la subir.

Une erreur fréquente : transformer l'acceptation en résignation

Point clé

Accepter n'est pas se résigner ni « prendre sur soi ». C'est cesser la lutte stérile contre l'inévitable pour investir son énergie dans ce qui est sous notre contrôle : nos actes. Si la personne entend « il faut supporter », le message a été mal transmis.

Questions fréquentes

L'ACT fait-elle partie des thérapies cognitives et comportementales ?

Oui, l'ACT est souvent classée dans la troisième vague des TCC. Elle se distingue par son travail sur la relation aux pensées (défusion, acceptation) plutôt que sur leur contenu, et par sa centration sur les valeurs.

Pour quels troubles l'ACT est-elle indiquée ?

Elle est utilisée dans l'anxiété, la dépression, la douleur chronique, le stress au travail ou l'accompagnement du changement, mais sa logique transdiagnostique la rend pertinente bien au-delà d'un trouble précis.

Comment s'entraîner à la posture ACT ?

La théorie s'apprend vite ; c'est la posture (défusion, retour aux valeurs, ne pas argumenter contre les pensées) qui demande de la pratique répétée sur des situations variées et un débriefing régulier.

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